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« Textes & Cultures » est une équipe d’accueil regroupant 72 enseignants-chercheurs (21 PR et MCF habilités, 43 MCF, 8 chercheurs de rangs divers) et 27 doctorants.
Sa particularité est de réunir des littératures et des cultures d’aires différentes, sans cloisonnement linguistique, avec un intérêt pour les croisements, pour les formes réputées mineures et pour les positionnements dans les marges ou les frontières des arts et de la littérature. Dans cette perspective, elle a dès l’origine investi le champ des littératures et des cultures de l’enfance, où elle occupe une place reconnue dans la recherche française. Elle a d’autre part exploré la question de la transmission et des déplacements qu’elle opère (les bibliothèques, réelles et/ou imaginaires ; la réception de l’Antiquité) ; des relations du merveilleux, du fantastique et du sacré (littérature et arts du spectacle) ; des liens du scientifique et du littéraire (sciences et littératures XIXe-XXe siècles, panthéons croisés, imaginaires et réalités de la figure de l’hermaphrodite) ; des catégories problématiques en littérature (héroï-comique, grotesque, épique…). Elle organise chaque année un colloque sur la présence de l’intertexte biblique dans la littérature.
La recherche en arts du spectacle, toujours associée aux approches littéraires, se porte en même temps de manière privilégiée vers la question du corps, incarné dans la marionnette, le théâtre d’animation, eux-mêmes proches du monde de l’enfance mais sans s’y limiter.
« Textes & Cultures » a développé par ailleurs une spécialité en traductologie qui a aujourd’hui évolué en y associant des études de corpus permettant de croiser des approches linguistiques et sociétales, dans diverses langues, notamment l’espagnol.
Enfin, l’approche transculturelle se développe avec l’axe « Orient-Occident », dont les travaux s’enracinent dans une collaboration avec plusieurs universités chinoises, dont celle de Nankin, partenaire régulier depuis une quinzaine d’années, et avec laquelle est organisé tous les deux ans un séminaire sur les manières de critiquer et d’enseigner la littérature (le dernier, tenu à Nankin en octobre 2011, a porté sur la question French Theory et théorie française ).
« Textes et Cultures » fédère les centres et axes suivants :
L’équipe publie par ailleurs une revue, les Cahiers Robinson , dédiés aux littératures et cultures de l’enfance, et trouve un lieu de publication dans plusieurs collections d’Artois Presses Université (Études littéraires, Graphè , Lettres et civilisations étrangères, Traductologie).
Ce Centre, qui rassemble le plus grand nombre de chercheurs en France dans le domaine de la littérature et des publications pour la jeunesse, ne se limite pas à l’approche d’un patrimoine littéraire mais s’ouvre au cinéma, au théâtre, aux périodiques et plus généralement à tous les objets culturels de l’enfance et de la jeunesse, quel que soit leur degré de légitimité.
Le questionnement porte sur les valeurs et définitions de l'enfance, qu’elles s’expriment dans l'industrie culturelle, dans le matériel scolaire (par exemple le roman scolaire), ou chez les grands écrivains qui ont construit leur œuvre sur un rapport affirmé à cette enfance. Celle-ci, dans nos sociétés modernes, ne cesse de s’étendre, comme pour confirmer l’intuition de Gaston Bachelard la voyant tel un noyau primitif, débordant un cadre temporel précis.
Cette expansion de l’enfance fait émerger l’adolescence, âge qui non seulement se dilate mais se singularise sous le signe de la crise et de la dramatisation. Cette question est travaillée à l’occasion d’interventions dans des colloques extérieurs ou tenus à l’université d’Artois, comme Bandes d’enfants. Elle a également nourri en juin 2009 un colloque consacré à L’Imaginaire des anges, archanges et super-héros dans la bande dessinée contemporaine et dans la "littérature d’adolescent" (dirigé par Isabelle Roussel-Gillet et Jean-Marc Vercruysse), tenu en coopération avec le Musée scriptorial d’Avranches, et en prélude à une exposition qui s’y est tenue au printemps 2010.
Dans le cadre du séminaire interne du centre, une ligne de recherche sur « Le livre de Poche comme bibliothèque de la jeunesse » s’attache à explorer la relation entretenue par la génération du baby boom. Le Livre de Poche « générique », créé dans les années 50, a été le support d'une lecture adolescente spécifique avec des auteurs comme A.J. Cronin, P. Buck, P. Benoit, H. Bazin, ou même Maupassant (alors absent des manuels de littérature mais présent à l'école primaire pour des textes descriptifs) et Camus. Toute une génération s'est nourrie d'un corpus en partie abandonné aujourd'hui, tant par le lectorat adulte que par celui des jeunes. Cette recherche s’appuie sur une démarche de bio-bibliographie de chercheurs et d’écrivains, Pierre Bergounioux, Jean-Benoît Puech, Annie Ernaux…
La définition autant spatiale que temporelle de cette première époque de l’existence pose celle des « territoires de l'enfance », avec des écrivains illustrant chacun à leur façon le phénomène de crossoverfiction actuellement à l’honneur dans la critique anglo-saxonne mais que l’on retrouve chez des auteurs qui ont donné la matière d’un colloque, H. Bosco, H. Malot, A. Chedid, S. Germain, JMG. Le Clezio, A. Dhôtel, J. Prévert.
Ces territoires impliquent également une recherche sur les sociabilités juvéniles, sur l’enfance comme autre société, voire contre-société. Plusieurs colloques ont été tenus sur cette question, « Troupes et jeunesse », « Bandes d’enfants », « Filmer la classe ».
Cette recherche thématique s’accompagne d’une réflexion sur la construction du concept de « littérature de jeunesse » et sur l’histoire du discours critique et militant portant sur elle. Un colloque, « Critiquer la littérature de jeunesse », se prolonge dans le cadre du séminaire interne avec l’accueil de « grandes figures » ayant œuvré ou oeuvrant encore dans ce domaine.
L’accueil en 2008 d’un important fonds d’ouvrages et d’archives du CRILJ (Centre de recherche et d’information sur la littérature de jeunesse) a permis l’ouverture d’un centre de documentation servant également de support à plusieurs de ces lignes de recherche.
Actuellement, le séminaire interne du centre s’organise autour de quatre recherches conduites en parallèle :
- Le Livre de Poche comme bibliothèque de la jeunesse (sous la coordination de Chantal Lapeyre)
- L’enfance et la question animale (sous la coordination de Florence Gaïotti)
- L’enfance et le Mal (sous la coordination d’Isabelle Casta)
- Grandes figures de la critique et du militantisme dans le domaine des publications pour la jeunesse (sous la coordination de Francis Marcoin).
Ces travaux, comme les résultats des colloques précédents, ont vocation à être publiés dans les Cahiers Robinson , revue créée en 1997 (31 numéros parus : voir le catalogue sur ce même site).
Le dialogue Orient et Occident, dans une perspective transculturelle, fait l’objet d’un regain d’intérêt dans les recherches universitaires depuis la réouverture de la Chine en 1978. La spécificité de l’axe « Orient et Occident » est fondée sur l’approche théorique des études transculturelles, et sur une nouvelle exploration de l’histoire de la rencontre de l’Occident avec l’Orient, notamment mais pas uniquement, avec la Chine. Une étroite collaboration entre les chercheurs français et chinois s’est établie depuis quatorze ans, peu après la fondation de l’Université d’Artois.
Les recherches de l’axe se déploient à trois niveaux : rencontres scientifiques (colloques, journées d’études, séminaires), publications, et échanges de chercheurs et de doctorants au niveau international (Université de Pékin, Université de Nankin). Une réflexion à triple dimension (historique, philosophique et littéraire) est nécessaire pour « tailler » cet espace de rencontre entre spécialistes des sciences humaines.
L'axe « Orient et Occident » a longtemps regroupé des enseignants-chercheurs provenant majoritairement de l'UFR de langues de l'université d'Artois, travaillant chacun dans leur spécialité de départ (anglicistes, hispanistes, sinisants, germanistes...) et selon un angle d'approche spécifique (linguistique, littérature, civilisation …) Fort d'une expérience de plusieurs années et animé par le souci de définir, de penser et de comprendre plus avant les relations entre l'Orient et l'Occident, l'axe a vocation désormais à intégrer des doctorants, à s'ouvrir à des représentants d'autres disciplines, et à poursuivre l'exigence d'interdisciplinarité qui figure dans son intitulé même. Historiens et géographes, juristes, sociologues et philosophes, etc, sont donc également conviés à notre étude des relations entre ces deux grands foyers de la civilisation humaine.
Sans adhérer entièrement à la popularité actuelle des études d'histoire globale (World History ) ni chercher à adopter de façon stricte les présupposés des études post-coloniales qui ont tant stigmatisé certaines dérives orientalistes et occidentalistes, l'axe n'entend pas renier les apports de l'étude classique des configurations culturelles (patterns of culture ) propres à chaque peuple, et considérer que l'anthropologie culturaliste et relativiste assignant à chaque civilisation ses caractéristiques propres ne présente aucun intérêt. Il ambitionne néanmoins de combler le déficit herméneutique d'une approche purement structuraliste (voire exclusivement sémantique) en cherchant à comprendre ce qui rassemble l'Orient et l'Occident dans leur quête commune de l'universalité – et quel meilleur lieu que l'université pour le faire – maintenant que les relations entre l'Orient et l'Occident, après avoir connu une évolution plutôt chaotique, sont devenues inéluctables et irréversibles.
Un projet de départ fondé sur l'idée de dialogue transculturel
Cet axe de recherche a été conçu dans le cadre d'études civilisationnistes et interdisciplinaires. Il vise à favoriser une rencontre entre orientalistes et spécialistes des sciences humaines par une série d’études thématiques, et il tente de mettre en œuvre une approche commune même si chaque chercheur travaille dans son champ de recherche respectif.
Ses premiers travaux ont tenté d'initier une réflexion collective au service d’un monde appelé à se construire à partir d’une (re-)connaissance réciproque. Cela s'est concrétisé par la tenue de colloques et de journées d'études favorisant l'établissement d'un comparatisme interculturel pour montrer que l'Orient et l'Occident peuvent se comprendre au-delà des différences et des contradictions, et qu'il était possible d'effectuer cette construction nonobstant la diversité et la pluralité des cultures.
Une réflexion multi-dimensionnelle (historique, philosophique, littéraire, artistique) a donc été engagée pour « tailler » cet espace de rencontre entre orientalistes et spécialistes des sciences humaines, civilisationnistes, linguistes et littéraires : l’Orient s’entend au pluriel, proche, moyen, extrême, et il en est de même pour l’Occident, toujours à la fois proche, moyen et extrême.
Pour une connaissance réciproque - contexte et problématique
Le sursaut identitaire, qui révèle pour certains une conséquence grave de la mondialisation, et pour d’autres une fêlure naturelle vis-à-vis de l’autre, a provoqué chez nombre de spécialistes des sciences humaines une réflexion sur l'identité qui a stimulé le développement des études interculturelles et transculturelles, et amorcé une théorisation de l’expérience de l’Orient dans un contexte occidental, ou de l’expérience de l’Occident dans un contexte oriental.
A l’inverse, le métissage est un thème tout aussi controversé et souvent mal compris ; il est en attente de définition, et mérite que l’on poursuive le questionnement proposé par Serge Grunzinski sur « la pensée métisse », sur les circonstances, les possibilités et les modalités de la fusion culturelle.
Identité
Comment trouver ou protéger son identité dans le processus d’identification à l'autre ? Comment ne pas se perdre, dans le tissage des cultures et leur continuel échange ? Il semble qu'il existe deux grandes approches dans l'attitude à l’égard de l’autre. La première met l’accent sur la recherche du « même » chez l’autre ; la seconde sur les différences. Le « même » semble plus « rassurant » pour le je face à l’autre mais il devient finalement plus inquiétant et peut conduire à l’élimination de l’autre. Tandis que le « différent » annonce dès le début la divergence entre le je et l’autre et prépare ainsi le terrain pour une réelle connaissance réciproque. Sept journées d'études ont tenté de répondre à ces premières questions. Les actes de six de ces journées ont été publiés en 2006 (Les sens de l'Occident ), en 2007 (La vieille Europe et l'Amérique ), en 2010 (La figure de la comparaison ), et en 2011 (Orient-Occident : Dialogue sur l'ailleurs ). Les actes de la septième devraient bientôt suivre (L'esprit oriental ).
Réception
Les études de réception littéraire, mais aussi de réception des idées, des modes de pensées, visent à constituer et/ou à reconstituer peu à peu ce que Michel Foucault appelait une « morphologie de la volonté de savoir » de l’autre, représentée principalement par l’imaginaire de l’autre et de soi dans le regard de l’autre. Les études de l'axe sur ce sujet se sont articulées sur deux plans, en fonction de l’époque et du champ de réception. Ces études, réalisées en coopération avec des représentants de l’Institut Matteo Ricci de Macao, du Collège de France et de l’Institut français d’Archéologie orientale du Caire ont mis l’accent sur deux cas précis dans le champ des relations entre la Chine et l'Occident. Elles seront publiées prochainement:
« L’imaginaire de l’autre : les missionnaires et l’Orient »
« La Chine et l’autre : l'utopie, l'imaginaire, la mémoire, le miroir »
« Les signes d’animaux et de créatures mythiques en Orient et en Occident : imagination, représentation et mise en image dans les écritures figuratives »
Critique
Comment ralentir le déroulement des idées et empêcher le dévidement des textes quand on prête attention à la multiplicité des commentaires, des interprétations, des gloses et des notations ? Le dialogue des critiques doit aussi être une interrogation sur l'exégèse textuelle de part et d’autre de l'Orient et de l'Occident. Or la réception ne peut augurer de son succès qu’à condition qu’il y ait, entre les théories importées et la critique littéraire locale, un noyau de repère commun, c’est-à-dire une attention portée au texte, à l’étude textuelle. C’est dans cet esprit, par exemple, que les différentes méthodes occidentales (structuraliste, sémantique, herméneutique, stylistique, sémiologique et psychanalytique) ont été introduites, acceptées et appliquées dans la critique chinoise.
La journée d'étude Poétique du genre en Asie Orientale a répondu à cette interrogation ; les actes en seront publiés prochainement.
Pour 2012-2013, un séminaire conjointement organisé par Jin Siyan et Jean-Paul Rosaye autour du projet « Migration et création : études transculturelles sur la rencontre de la Chine et de l’Occident (迁徙与创造–近现代中西相遇跨文化研究) », proposera plusieurs séances à partir de novembre 2012 : « L’image de la Chine en Europe au XIXe siècle : une approche comparée » (organisée avec l’Université normale de Pékin) ; « L’image de la Chine en Europe au XIXe siècle : la Chine et l'Europe dans l’art » ; « L’image de la Chine en Europe au XIXe siècle : concepts en migration » (organisée avec l’Université de Zhongshan) ; « L’image de la Chine en Europe au XIXe siècle : la traduction de la littérature chinoise en Europe » (organisée avec l’Université de Nankin) ; « L’image de la Chine en Europe au XIXe siècle : poésie et saveur », séminaire organisé avec l’Université de Bolognia.
La présentation des autres axes est en cours de réécriture
Lettre d'information de la Maison de la Recherche N°9
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Prochainement
24 et 25 mai 2012 : Colloque internationnal "Les discours des médias européens sur les élections générales espagnoles de novembre 2011" voir programme