Rencontre entre Thierry Mandon, secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur et à la recherche, et les PMU

30/09/2015

Mardi 29 septembre, Thierry Mandon, secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur et à la recherche, a rencontré 13 présidents d’université du réseau des petites et moyennes universités qui rassemble actuellement  27 membres. 

La rencontre, d’1h30, a permis d’identifier des préoccupations partagées dans le cadre d’une discussion concrète, franche et de qualité.

Le secrétaire d’Etat a clairement défendu un modèle d'université unique, et a rejeté l'idée d'une répartition fonctionnelle entre université de proximité et université de grande métropole qui seule aurait vocation à capitaliser la fonction recherche.

Sur fond d’émergence des grandes régions et des métropoles, il a insisté sur la dynamique territoriale qu’il souhaite renforcer et qui peut s’appuyer sur les ComUE, des structures clairement fédérales  dont il a affirmé l’importance. Même si leur dynamique reste à bâtir et si des interrogations demeurent sur leur avenir, elles sont, d’après lui, des structures très modernes, fédératives et collaboratives, respectueuses de la diversité des cultures de leurs membres, favorisant le travail collaboratif et les synergies. Une ComUE ne se conçoit pas comme « un empire » où un établissement dominerait les autres. Ces regroupements n’ont pas vocation à déboucher sur des fusions sauf, bien entendu, si des membres de la ComUE le souhaitent, mais aucune pression n’a lieu d’être exercée dans ce sens, y compris dans le cadre d’un projet de Programme d’Investissement d’Avenir. Face à la diversité qui constitue la réalité mais aussi la richesse de l’enseignement supérieur et de la recherche de notre pays, une coopération renforcée permet de répondre aux enjeux liés aux évolutions actuelles.

En réponse aux préoccupations fortes exprimées relativement au financement des universités non métropolisées, le secrétaire d’Etat a indiqué qu’il souhaitait ouvrir ce chantier. Il considère que l’avenir des universités hors IDEX et I-SITE constitue « un vrai sujet », qu’il faut « inciter à l’excellence partout » et la soutenir là  où elle se trouve. Les présidents ont rappelé que leur vision de l’excellence n’était pas celle d’une concentration des moyens sur quelques pôles, mais qu’elle s’inscrivait dans la logique d’un tissu universitaire rassemblant l’ensemble des universités sur tout le territoire national, pour produire l’excellence de demain. Pour le Secrétaire d’Etat, la volonté d’aller en ce sens est partagée, mais il faut se doter des outils adaptés.

Le secrétaire d’Etat a insisté sur les multiples facettes de l’excellence et sur son caractère pluriel. La réflexion sur le nouveau PIA est engagée ainsi que sur d’autres dispositifs permettant d’intégrer cette diversité. Pour lui, cela permettrait aussi de clarifier les positions concernant la définition d’une gouvernance efficace, qui peut d’évidence exister hors d’un processus de fusion.

En ce qui concerne la question des moyens, Thierry Mandon a rappelé les annonces faites la veille à Avignon, à savoir le premier effort en faveur du programme 150 afin de soutenir les universités par la consolidation de leurs moyens de fonctionnement et le fait qu’il n’y aurait plus de prélèvement sur les fonds de roulement des établissements. En outre, il a indiqué que la réserve de précaution n’augmenterait pas en 2016. La question immobilière, « sujet majeur «  et « sous estimé », retient aussi son attention. Par ailleurs, il souhaite que les universités investissent davantage la formation professionnelle. A terme, et de manière générale, son objectif est d’inscrire des perspectives à 4 ou 5 ans pour donner une plus grande visibilité à l’action menée.

Les présidents ont également fait part de leurs interrogations concernant les récentes prises de position des organismes de recherche qui, pour certains, affichent une volonté de concentrer l’emploi scientifique et les moyens sur quelques gros pôles, dont ceux fusionnés bénéficiant d’IDEX, IDEX renforçant la polarisation de l’enseignement supérieur et de la recherche au détriment de la mise en réseau des universités. Le secrétaire d’Etat a relevé le travail exceptionnel réalisé par les équipes des Unités Mixtes de Recherche sur l’ensemble du territoire, indiquant que cette situation n’était pas en accord avec de telles déclarations.

Le secrétaire d’Etat a enfin insisté sur la nécessité d’une plus grande fluidité entre les lycées et les universités pour lutter contre le déterminisme social en estimant que si la sélection n’est pas une question pertinente, la sécurisation des parcours et la réussite des étudiants doivent mobiliser les énergies.

Lors de cet échange, riche et ouvert, les présidents présents ont constaté avec satisfaction que les questions qu’ils  soulèvent depuis plusieurs mois rencontraient les préoccupations du secrétaire d’Etat.


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