Information de la présidence concernant le prélèvement sur le fonds de roulement

28/04/2015

L’UNIVERSITÉ D’ARTOIS SUIVRA SA FEUILLE DE ROUTE

Nous avons appris jeudi dernier qu’un prélèvement de 24,2 millions serait opéré sur nos réserves, qui atteignaient 47 millions d'euros. Si la mesure était attendue, l’énormité de cette somme ne l’était pas, et elle a surpris tous les observateurs. Il apparaît que les règles de calcul ont été ajustées au dernier moment pour récupérer 10 millions qu’on n’arrivait pas à trouver ailleurs puisque les prévisions les plus pessimistes n’allaient pas au-delà de 14 millions.

Disons-le haut et fort, ce prélèvement n’affecte en rien, malgré tout, les capacités d‘action de notre université. Pas une heure de cours, pas une ligne de recherche, pas une prime indemnitaire ne sera touchée puisque les crédits de fonctionnement augmentent quant à eux de 950 000 euros. Il faut en effet distinguer crédits de fonctionnement et crédits d’investissement. Ce sont ces derniers qui sont touchés, mais les sommes restantes nous permettront de mener à bien les projets envisagés, qu’il s’agisse de l’extension de la faculté de sports à Liévin, du projet EITRE à Béthune, des projets d’aménagement des espaces extérieurs et des bibliothèques-centres de documentation des différents sites, etc.

Pourquoi tant de fonds laissés en réserve ? Ceux-ci ont été accumulés au fur et à mesure des années, dans une période pleine d’incertitudes et alors que l’on nous incitait à la plus grande prudence. Il y a un peu moins de dix ans, l’université de Lille 2 était considérée comme la mieux gérée de France parce qu’elle disposait de 11 mois de fonds de roulement : 330 jours, soit le double de nos 165 jours, ramenés à un peu plus de 70 après cette ponction. D’autre part, les rigidités administratives retardent la mise en œuvre de certains travaux : nous sommes toujours en attente du permis de construire pour l’extension de Liévin, qui n’aurait dû être qu’une formalité ; nous recevons des remboursements de manière aléatoire et alors que le budget vient d’être établi ; on nous impose de multiples gels de précaution, etc. Enfin, toute dépense d’investissement oblige à imputer des crédits d’amortissement (en vue du renouvellement des matériels) sur les crédits de fonctionnement, si bien que trop investir reviendrait à ne pouvoir régler des salaires et des dépenses courantes. C’est le problème de plusieurs universités en France. Par ailleurs, il n’est pas possible de prélever sur les fonds de réserve pour payer des salaires ou des équipements courants.

Depuis plus de deux ans, en dehors des projets de construction ou de rénovation, nous avons engagé des moyens importants sur plusieurs axes : amélioration de la politique indemnitaire, augmentation des ressources des laboratoires et des allocations de recherche, équipement en matériel informatique et audiovisuel des salles de cours, etc. Nous avons donc amélioré le taux de réalisation du budget. Nous avons aussi revu les budgets alloués aux composantes et aux services, afin d’éviter que les fonds non dépensés tombent dans les réserves.

En conclusion, l’avenir de l’université n’est nullement menacé ni ses conditions de fonctionnement, mais politiquement la mesure est désastreuse : son mode de calcul a été fixé sans négociation et revu de manière arbitraire au gré des circonstances, et la modeste université d’Artois contribue à elle seule au quart des 100 millions votés par l’assemblée nationale, dont une partie reviendra vers des établissements qui n’ont pas exercé la même gestion prudentielle. Qui croira que de puissantes universités situées dans d’autres régions de France et qui ne disposent pas de fonds de roulement sont plus pauvres que la nôtre ? Par ailleurs, ce paramètre des fonds de roulement est traité de manière isolée, sans prendre en compte les déficits de la région et singulièrement du Pas-de-Calais, notamment en ce qui concerne les investissements privés et publics en matière de recherche et l’implantation des grands organismes de recherche. Nos élus et notre population ont donc bien des motifs d’amertume, mais nous nous devons de les rassurer : l’université d’Artois maintiendra le cap, réalisera tous ses projets et continuera d’accueillir et de suivre ses étudiants avec la même attention et avec des moyens encore renforcés. Elle continuera de s’engager résolument dans l’innovation pédagogique et dans les projets de recherche et de développement de la métropole artésienne dont elle entend être le fer de lance aux côtés des instances politiques, économiques et culturelles.


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