Travailler dans les ressources humaines

17/02/2014

Lundi 17 février à l’IUT de Lens, deux tables rondes avec des professionnels et des anciens étudiants de l’université, organisées par le SAOIP, ont permis aux étudiants de s’informer sur les débouchés dans la gestion des ressources humaines.

Lors de la première table ronde, les formations en alternance ont été louées par tous les professionnels.

Trois fois par an, le Service d’accueil, d’orientation et d’insertion professionnelle (SAOIP) organise un « Lundi de l’insertion professionnelle Â», pour informer les étudiants sur les débouchés professionnels de leur filière de formation. Ce 17 février dans la salle d’études du bâtiment du SEPIA à l’IUT de Lens, ce sont les étudiants en licence professionnelle de Gestion des ressources humaines et en DUT GEA (Gestion des entreprises et administrations) à l’IUT de Lens, ainsi que ceux en 3e année de licence AES (Administration économique et sociale) et en master Métiers des ressources humaines à l’UFR EGASS, qui ont écouté et posé leurs questions aux professionnels et aux anciens étudiants de l’Université d’Artois, au cours de deux tables rondes consacrés aux métiers des RH.

 

Des besoins en recrutement importants

Animée par Corinne Leys, enseignante à l’IUT de Lens, la première table ronde avec les professionnels a d’abord permis de rappeler aux étudiants que les besoins en recrutement dans le secteur des RH restent toujours importants, contrairement aux services marketing ou recherche et développement par exemple, davantage dépendants de la conjoncture économique. Il y a par exemple aujourd’hui une équipe de 13 personnes en RH pour gérer les 1.800 salariés de l’entreprise McCain, a constaté la manager en ressources humaines Hélène Morel.

Dans le secteur public, les besoins sont encore plus importants : au conseil général du Pas-de-Calais par exemple, ils sont 140 personnels en RH pour 7.000 agents et 400 métiers, et doivent procéder à 250 à 300 recrutements par an, selon Sandrine Butez, chef du service Développement des politiques et contractualisation. Des besoins d’autant plus criants en période de crise économique, qu’outre le recrutement de nouveaux personnels ou l’édition des feuilles de paye, « la gestion du personnel, c’est travailler sur le bien-être au travail, l’accompagnement au changement, voire la réinsertion professionnelle Â», a souligné Christophe Bailleul, directeur d’agence chez Manpower.

 

Savoir faire preuve d’humilité

Les intervenants ont tous loué les formations en alternance, véritable porte d’entrée dans le monde professionnel. Ainsi chez EDF, « un nouvel embauché sur 4 est un alternant », remarque Sandrine Vanackere, manager d'une équipe de gestionnaires du contrat de travail. « Le profil recherché, c’est le recrutement idéal : il est normal que personne ne corresponde exactement aux critères Â» a-t-elle déclaré plus tard, répondant à une question des étudiants. EDF reçoit ainsi en moyenne une centaine de candidatures par poste, et son cabinet de recrutement propose 3 noms.

En RH, les salaires sont d’environ 1.800 euros nets par mois en début de carrière au conseil général (1.500 euros pour un contractuel) et de 30 à 35.000 euros par an pour les jeunes cadres Bac+5 du secteur privé. Mais les étudiants ne doivent pas s’attendre à décrocher un CDI de cadre dès la fin de leur formation initiale : « Même avec un Bac+5, il faut parfois commencer en tant qu’assistant RH, un métier très polyvalent qui permet de valoriser son master. En fonction des compétences et de cette polyvalence, les postes aussi peuvent évoluer. L’actuel patron de Manpower a commencé en tant qu’assistant d’agence : il faut savoir faire preuve d’humilité dans sa recherche d’emploi Â», a rappelé Christophe Bailleul, ajoutant que Â« l’envie, la disponibilité et la curiosité permettent l’avancement, pas seulement le diplôme Â». Par exemple, les techniciens de paye possèdent une expertise qui est très recherchée, sans forcément avoir besoin d’un master. Si cette fonction est perçue comme moins noble, elle peut pourtant permettre ensuite de changer de poste vers d’autres métiers des RH.

 

Curiosité, mobilité et autonomie

Au cours de la seconde table ronde, les anciens étudiants ont décrit leur parcours professionnel depuis leur départ de l’université.

Les professionnels invités ont ensuite laissé leur place à d’anciens étudiants de l’Université d’Artois qui travaillent aujourd’hui dans les RH à Ingredia, Faurecia, Farcodep, BPI Group, la CCI du Pas-de-Calais, la Maison de l’emploi de Lens-Liévin-Hénin-Carvin ou sont consultants indépendants pour des cabinets spécialisés. Animée par Muriel Perisse, enseignante à l’EGASS, cette seconde table ronde a été l’occasion de faire le point sur la qualité des offres de formation proposées par l’université. Selon les anciens étudiants, les cours dispensés sont une bonne préparation à la découverte de la réalité du monde du travail, notamment pour l’acquisition de l’autonomie, mais ils accorderaient une trop grande place à la théorie sur la gestion de cas pratiques.

Les futurs diplômés doivent également apprendre à faire preuve d’une grande curiosité sur le droit du travail, parce que la législation évolue constamment : « Il faut savoir chercher ses bagages théoriques ailleurs qu’à la fac, qui apprend plutôt à chercher l’information Â», a préconisé l’un des intervenants, tandis qu’un autre a rappelé que « la personnalité du candidat, son dynamisme, sa motivation et son savoir-être sont plus importants encore que ses connaissances Â». Les anciens étudiants ont aussi incité les futurs diplômés à faire fonctionner leurs réseaux après les stages pour décrocher un premier CDD, et à accepter la mobilité vers Lille ou Paris, et même à l’étranger avec le volontariat international en entreprise (VIE), réservé aux moins de 28 ans.


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