Rendre les étudiants plus actifs

06/02/2014

Jeudi 6 février à Arras et à la faculté Jean Perrin de Lens, le Service universitaire de pédagogie (SUP Artois) avait invité Denis Berthiaume, consultant en développement de l'enseignement supérieur, pour évoquer avec les enseignants l'interactivité de leurs enseignements.

Denis Berthiaume, entouré de Catherine Couturier, responsable du SUP Artois (à droite), et Viviane Boutin, conseillère pédagogique.

Pour sa conférence inaugurale, le SUP Artois, créé en juin 2013, a invité ce jeudi 6 février une grande figure de la pédagogie universitaire : le Québécois Denis Berthiaume, docteur en psychologie de l’Université Laval, qui a été conseiller pédagogique à l’Université McGill (Canada), de Southampton (Royaume-Uni) et de Lausanne (Suisse), et va devenir le 1er mars prochain vice-recteur de l’Université Appliquée de Suisse occidentale.

Au cours de cette conférence, qui s’est tenue à Arras le matin et à la faculté Jean Perrin de Lens l’après-midi, une soixantaine d’enseignants de l’Université d’Artois ont été sensibilisés à la problématique de l’interactivité avec leurs étudiants. En pratiquant avec les enseignants présents diverses méthodes d’interaction avec l’amphi, Denis Berthiaume leur a prouvé qu’il est possible, même dans un cours magistral et quelle que soit la taille du groupe, d’interagir avec les étudiants pour stimuler leur réflexion, afin qu’ils apprennent de manière significative.

 

L’interactivité pour renforcer les apprentissages

Intitulée « Pourquoi et comment rendre actifs les étudiants en petits et grands groupes ? Â», cette conférence s’est appuyée sur les travaux en psychologie de l’apprentissage, qui étudie à la fois le fonctionnement cognitif du cerveau et social du groupe. « Le nombre d’étudiants a quintuplé depuis 1980 en France : ils sont de moins en moins préparés à travailler seuls et l’exposé magistral où seul l’enseignant parle ne fonctionne plus avec eux Â», a constaté le conseiller pédagogique en préambule, rappelant que « le danger pour les enseignants est de s’appuyer leur expérience passée, alors que seulement 1% des étudiants vont eux-mêmes devenir enseignants-chercheurs ».

« Il faut donc trouver d’autres méthodes pour stimuler les étudiants et faire en sorte qu’ils s’impliquent davantage dans l’apprentissage, de manière moins passive Â», a préconisé Denis Berthiaume, regrettant la barrière des représentations sociales de ce que doit être un cours en France, très éloignées de celles des Etats-Unis par exemple, où les étudiants posent sans cesse des questions et interrompent le professeur.

 

Plus de réflexion et moins de bachotage

« L’interactivité permet plus de réflexion et d’analyse critique, et moins de « par cÅ“ur Â» et de bachotage. Il peut être plus utile de parler que d’écrire pendant un cours : la discussion permet d’attirer l’attention de tous les étudiants et de les amener « en profondeur Â» sur une question, par une réflexion en direct sur le "pourquoi" et non sur le "quoi" », résume Denis Berthiaume. Ainsi, alors que l’apprentissage « en surface Â» est centré sur la reproduction des contenus et la rétention d’informations à court terme, l’apprentissage « en profondeur Â» est centré sur l’intégration des connaissances et leur mise en lien avec les autres cours.

Pour compléter l’interactivité bilatérale étudiant/enseignant, des moments de réflexion en groupe peuvent aussi être organisés entre les étudiants, par exemple pour répondre à la question de l’un d’entre eux, ou pour répondre à une question posée par l’enseignant. Cet enseignement interactif a l’avantage de confronter les points de vue, d’évaluer la compréhension des étudiants et de favoriser la coopération entre eux. Après les travaux pratiques avec les enseignants présents à cette conférence, Denis Berthiaume leur a ensuite présenté 8 scénarios visant à rendre leurs étudiants plus actifs (voir encadré). Pour finir, il a projeté un petit film où l’on voit un amphi de 1.200 étudiants à Lausanne travailler en petits groupes : « A la fin, même les plus timides osaient prendre le micro devant les autres ».

 

8 scénarios de pédagogie active

- « Penser-comparer-partager Â» : Un étudiant écrit sur une question, puis compare sa réponse avec son voisin ou en petit groupe, pour arriver à une solution qui fasse consensus, puis l’enseignant interroge les groupes ou binômes et note leurs réponses au tableau, avant une discussion plénière.
- Les « Buzz groups Â» : Des groupes de 4 à 6 étudiants, avec un rapporteur qui transmet la réponse au professeur.
- L’aquarium (ou « fishbowl Â») : Un groupe de 6 à 15 étudiants est observé par les autres, qui peuvent échanger leurs places à tout moment et/ou exprimer leur avis avec des cartons de couleur.
- « One minute paper Â» : Un exercice réflexif où les étudiants notent leur réponse sur un morceau de papier, sans indiquer leur nom. Il permet de revenir sur les points du cours qui n’ont pas été bien compris.
- Le mini-quizz : Par exemple, un QCM dans des diapositives de présentation, où les étudiants répondent en levant des cartons de couleur.
- Le remue-méninges (ou « brainstorming Â») : Des groupes de 5 à 12 étudiants avec un président, qui distribue la parole, et un secrétaire, qui effectue le travail de restitution.
- Le puzzle (ou « jigsaw Â») : Les groupes traitent de questions différentes, puis l’enseignant réorganise les groupes en plaçant un étudiant de chaque groupe dans un nouveau. Les étudiants deviennent ainsi des enseignants les uns pour les autres, car chaque étudiant partage les réponses de son premier groupe.
- Les « syndicats Â» : Des groupes de 4 à 8 étudiants présentent oralement leurs réponses, les autres groupes peuvent demander des clarifications, puis l’enseignant apporte des corrections et fait des liens avec les notions abordées dans le cours.


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