« 1918-2018 : Construire la paix - leçons de la Première Guerre mondiale » Témoignage de deux étudiants en séminaire à Sarajevo

13/12/2018

Deux étudiants de l'UFR d'Histoire, Géographie, Patrimoines, Alexandre Blondel et Mark Tinkovitch, ont participé récemment à un séminaire international pour la jeunesse qui s’est tenu à Sarajevo du 7 au 13 novembre dernier : « 1918-2018 : Construire la paix – leçons de la Première Guerre mondiale ». Ils avaient répondu à l’appel à candidatures lancé par l’ambassade de France à Sarajevo, relayé par le service des Relations Internationales et ont eu la chance d’être sélectionnés. Cet appel était destiné aux jeunes âgés de 18 à 25 ans, intéressés par la Grande Guerre et ses conséquences et souhaitant partager leurs idées en faveur de la paix.

 

Témoignage de Mark TINKOVITCH, étudiant en Master 2 Recherche Histoire Contemporaine à l'Université d'Artois

« Sarajevo, carrefour des Balkans, a été également le carrefour de l’Histoire. À Sarajevo, l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand bascula l’Europe dans un conflit mondial ; à Sarajevo encore, le siège de la ville entre 1992 et 1993 amena la guerre aux portes de l’Europe. Marquée pour être l’épicentre de deux chocs meurtriers, Sarajevo se veut porteuse d’espoirs, d’avenir et surtout de paix.

Le séminaire qui a réuni 4 Français, 4 Allemands et 4 Bosniens avait pour tâche de poser des réflexions, des échanges, des débats autour de la paix. En outre, les travaux en groupes auxquels se sont attelés les participants abordaient les causes et les conséquences des deux guerres qui ont ensanglanté la Bosnie en moins d’un siècle. J’ai eu l’immense chance d’être l’un d’entre eux. Cinq groupes de quatre personnes devaient contribuer, avec des supports différents, à des conclusions réfléchies et argumentées. Mon groupe devait étudier les lendemains de la Première Guerre mondiale en France, en Allemagne et en Bosnie-Herzégovine.
Nos réunions provoquaient une effusion de cultures différentes, promulguées par des personnalités et des sensibilités diverses. Chacun avait à cœur le travail d’équipe, soignant ses efforts de manière à ce qu’ils se rattachent de façon compatible et cohérente à ceux des autres. Le séminaire fit apparaître les premières conditions de la paix : l’entente, le respect et le dialogue.

Enrichissant et très éclectique, ce séminaire a permis d’élargir toutes sortes d’horizons. C’est un apport précieux et inestimable pour la coopération européenne et la diplomatie au-delà de l’Europe. Notre génération a besoin d’initiatives de la sorte. Revenant très satisfait de ce séminaire, je n’ai plus qu’un seul désir : continuer à travailler, toujours pour un monde meilleur, avec des personnes vivant de l’autre côté des frontières. »

 

Témoignage d’Alexandre Blondel, étudiant en Master 2 Recherche Histoire Contemporaine à l'Université d'Artois

« Sur proposition de l’université, nous avons pu, Mark Tinkovitch et moi-même, postuler à un séminaire international à Sarajevo. Le sujet nous intéressait particulièrement : « 1918-2018: Building peace - lessons from World War One ». Ce n’est pas sans une certaine joie que nous avons appris notre sélection.

Contrairement à ce que son intitulé pourrait laisser penser, le séminaire n’était pas exclusivement focalisé sur la Première Guerre Mondiale, mais aussi (et surtout) sur la reconstruction de l’après-guerre, et sur une mise en miroir avec la guerre de Bosnie survenue dans les années 1990. Les approches étaient variées, allant de simples conférences à des débats, en passant par des sorties et rencontres avec des acteurs locaux. Historien, vétérans ou encore attaché militaire sont venus tour à tour nous exposer, non pas leur vision de la guerre, mais celle de la paix. Car s’il fallait bien retenir un mot de ce séminaire, ce serait celui-ci : la paix. Précieuse, fragile, jamais définitivement acquise et pourtant parfois traitée avec si peu d’estime ; la paix était sans conteste le fil rouge de notre séminaire.

Un des aspects que j’ai préféré lors de ce séminaire est qu’il ne se contentait pas de nous fournir de la connaissance brute, nous étions invités à en créer. Des travaux par groupes de quatre – les groupes ayant été réalisés en fonction des centres d’intérêts et des nationalités de chacun -,  furent mis en place. Cette approche nous a permis d’avoir une réflexion, et d’interagir grandement entre les différents membres du groupe, mais aussi des autres groupes, afin d’avoir un ressenti différent sur le sujet que nous abordions. Je ne peux que vous recommander de consulter le site que nous avons réalisé à cette occasion, si vous voulez en savoir plus sur ces questions et sur notre séminaire : www.building-peace-1918-2018.org. Pour moi, Sarajevo fut une expérience riche en connaissances historiques certes, mais surtout riche en réflexions, et en rencontres que je ne suis pas prêt d’oublier. »

 


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